Koné Moussa n'a pas du tout apprécié la récente annonce du ministre Bruno Koné
La situation dans la filière cacao continue de susciter de vives inquiétudes chez les producteurs. Le président du Syndicat national des planteurs de Côte d’Ivoire (SYNAP-CI), Koné Moussa, a vivement critiqué la gestion actuelle du secteur et certaines récentes décisions des autorités, qu’il juge défavorables aux planteurs.
Selon lui, les difficultés sont apparues dès le début de la campagne de commercialisation. Les coopératives, affirme-t-il, ne disposaient pas de liquidités suffisantes pour acheter la production des paysans.
« Dès la première semaine, nous avons constaté que les coopératives n’avaient pas les liquidités nécessaires pour payer les producteurs. Beaucoup de cacao sont restés bloqués dans les magasins », a-t-il déploré, soulignant que de nombreux planteurs se retrouvent encore dans l’attente de paiement.
Koné Moussa critique également la forte baisse du prix du cacao, qu’il considère comme un lourd sacrifice imposé aux producteurs. Pour lui, les efforts évoqués par les autorités ne se traduisent pas concrètement dans le quotidien des planteurs.
« Ils ont cassé plus de la moitié du prix du cacao et j’entends dire que l’État a fait des efforts. Si ce n’est pas dans le secteur du cacao, je n’ai jamais vu un salarié dont le salaire est divisé en deux et qui applaudit ensuite son patron », a-t-il lancé.
Le responsable syndical s’est aussi montré particulièrement critique à l’égard d’une récente annonce du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Koné Nabagné. Celui-ci a indiqué que les intermédiaires doivent désormais acheter le cacao uniquement auprès de producteurs détenteurs de la carte officielle de producteur.
Une décision qui, selon le président du SYNAP-CI, risque d’exclure une grande partie des planteurs du circuit de commercialisation.
« De nombreux producteurs se sont pourtant fait recenser, mais n’ont jamais reçu leur carte. Cela veut-il dire que nous n’allons plus vendre notre cacao ? », s’interroge-t-il, estimant que cette mesure constitue « une menace pour l’activité et la survie des familles de planteurs ».
Koné Moussa déplore également le manque de transparence autour des appuis financiers annoncés en faveur de la filière. D’après lui, les producteurs n’ont toujours pas vu les retombées des fonds évoqués par les autorités.
« Ils disent qu’ils ont donné de l’argent au Conseil Café-Cacao. Nous, nous n’avons rien vu », affirme-t-il, ajoutant que les cérémonies et annonces publiques ne changent rien à la réalité vécue sur le terrain.
Face à ce qu’il considère comme une situation de plus en plus préoccupante, le SYNAP-CI annonce une mobilisation prochaine de ses membres. Une réunion des planteurs est prévue dans les prochains jours afin de décider des actions à mener.
« À partir de la semaine prochaine, nous allons convoquer tous nos membres. Nous allons prendre nos responsabilités, parce que l’heure est grave », a prévenu Koné Moussa.
Pour le syndicat, les producteurs ne peuvent plus continuer à supporter seuls les difficultés de la filière cacao, pilier de l’économie ivoirienne. « Nous refusons d’être sacrifiés », a conclu son président.
Modeste KONÉ